DECOUVRIR Septembre 2015

La vielle à roue électroacoustique

Voici la merveille des merveilles en matière de lutherie.

Jérôme joue de la vielle

Jérôme joue de la vielle

Il s’agit d’une vielle à roue électroacoustique du luthier et ami Denis Siorat.

www.luthier-vielles-siorat.com

La vielle vue par devant

La vielle vue par devant

Denis est l’un des pionniers de l’électroacoustique appliqué à la vielle à roue.

Un énorme travail de recherche de sa part, certainement sur sa vie entière, a conduit à ce magnifique résultat, à cet aboutissement.

D’une réelle élégance cet instrument recèle de performances, examinons-les.

Sur la photographie ci-contre Jérôme, un jeune et talentueux musiciens, joue sur un instrument similaire.

Sa main droite actionne la roue-archet qui excite les cordes en contact avec elle

Par la main gauche actionnant les touches du clavier, il extirpe aux cordes chanterelles des sons extraordinaires qui ne cessent d’étonner et d’envoûter  mélomanes et danseurs : la mélodie.

On dénombre sur le côté extérieur au musicien trois bourdons dont le rôle multiple est précisé dans la séquence du mois de juin. Un capodastre se devine près de la tête. Il permet aux bourdons de jouer dans de nombreuses tonalités.

Les cordes sympathiques ne sont pas excitées par la roue mais par les vibrations de la table d’harmonie. On dit qu’elles vibrent par sympathie. Il y en a toujours une qui se met en mouvement en réponse à une note de la mélodie ou des bourdons. L’idéal est d’en avoir 12, les 12 notes de l’octave. Elles sont très proches de la table pour obtenir un niveau de résonance appréciable.

On constate que les cordes sont enrobées de coton afin d’adoucir le son, de constituer une réserve de colophane et de protéger les cordes de l’usure consécutive à leur frottement sur la périphérie de la roue.

Sur ce versant nous dénombrons 3 cordes chanterelles et 3 bourdons, cela nécessite 6 chevilles mécaniques sur le cheviller dont le but est d’assurer l’accordage des cordes.

Passons sur l’autre versant de l’instrument, côté musicien. Nous découvrons 2 nouveaux bourdons. Leur raison d’être n’est pas banale.

La vielle vue du côté du musicien

La vielle vue du côté du musicien

Il y a l’art et la manière d’assurer la rotation de la roue et par là obtenir des cordes des réponses étonnantes et variées.

Ce fameux « coup de poignée », de la main droite de Jérôme, capable de plusieurs variations de vitesse par tour, réalise une rythmique enrichissant la mélodie selon d’innombrables manières.

Rythmique ou effets sonores s’obtiennent par deux petits chevalets dont l’un des pieds est mobile. (donc deux chevilles d’accordage de plus) Entrainé par la corde qui adhère sur la roue sur quelques millimètres, le pied mobile se détache  de sa surface d’appui. En retombant il percute cette surface en laissant échapper un son nettement défini et ce un très grand nombre de fois par rotation.

La vielle à roue est un générateur de sons d’une réelle richesse : une mélodie accompagnée de bourdons et de cordes sympathiques, les sons fusionnent et s’enrichissent mutuellement, une percussion discrète cadre, soutien le morceau.

Toute cette présentation concerne toutes vielles qu’elles soient acoustiques ou électroacoutiques.

Alors par quoi la vielle électroacoustique se distingue-t-elle ?

– Par une lutherie allégée, notamment par un appui des cordes sur la roue moins prononcé que sur les vielles acoustiques, il en résulte un son moins fort certes mais tellement pur. De toute manière son système d’amplification réglera, sans coup férir, cet objectif de puissance sonore.

– Chaque fonction : mélodie, bourdons, cordes sympathiques, chevalets percussifs est mise en valeur et amplifiée par un capteur. Le son peut être modulé à loisir et les multiples sources sonores peuvent être équilibrées finement : mélodie dominante ou percussion très présente, …amplification des sympathiques ; tout est possible.

– En acoustique la vielle est ce qu’elle est. Les fonctions sont établies une fois pour toutes.

La vielle électroacoutique a permis de repenser cet instrument point par point.

Aujourd’hui, ouvert à toutes les musiques, il s’inscrit avec force dans la modernité.

Pour en savoir plus :

– Lire mon roman « Sonate pour un arc en ciel ». Un CD y est inclus. Il                                       renforce l’histoire et la vielle s’exprime sous bien des formes.

– Visiter le site de Denis Siorat

– Rechercher sur internet ces talentueux viellistes, compositeurs et                                     interprètes qui vont vous étonner.

 Au revoir, rendez-vous le mois prochain

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