DECOUVRIR Mai 2015

DECOUVRIR Mai 2015

La vielle à roue acoustique. 6 cordes : 2 chanterelles et 4 bourdons

La vielle à roue acoustique.
6 cordes : 2 chanterelles et 4 bourdons

Ce que nous avons vu jusqu’alors va nous permettre de découvrir un instrument peu connu du grand publique et pourtant magnifique ; vous allez vous en rendre compte.

J’ai passé une grande partie de ma vie à vénérer cet instrument où dans le monde du folklore, puis du folk il occupe souvent sur la scène la place centrale par sa richesse mélodique, la rythmique qui règle le tempo et propose en compléments diverses sources sonores.

C’est bien de LA VIELLE A ROUE qu’il s’agit.

Cet instrument a mille ans. Il a parcouru le monde de l’Oural jusqu’à la Péninsule ibérique.

On trouve la vielle à roue sous la forme acoustique, c’est dire sans système d’amplification ou sous la forme électroacoustique.

Personnellement je suis luthier de vielle à roue acoustique.

Voici le modèle que je fabrique le plus souvent. Il est abouti. Je suis arrivé au terme d’un long voyage à définir mon modèle. Il est stable, équilibré,  reproductible avec des réponses se situant dans une fourchette étroite ce qui veut dire : timbres presque identiques d’une vielle à une autre, peu de maintenance, fiable (le musicien peut avoir confiance en son instrument en tous lieux, tous moments)

La vielle est un instrument à cordes. Elles sont excitées par une roue-archet.

On distingue : Sur l'avant, 2 bourdons dont un s'appuyant sur un petit chevalet mobile : le chien Les 2 cordes chanterelles s'appuyant sur le chevalet L'archet-roue. La poignée montée sur la manivelle

On distingue :
Sur l’avant, 2 bourdons dont un s’appuyant sur un petit chevalet mobile : le chien
Les 2 cordes chanterelles s’appuyant sur le chevalet
L’archet-roue.
La poignée montée sur la manivelle

Nous voyons que les cordes sont excitées par-dessous par une roue mise en rotation par la manivelle en forme de S.

Les cordes du violon sont excitées par un archet rectiligne par-dessus.

L’archet du violoniste permet d’aller très loin dans la recherche d’effets de sonorités et de percussion. Il peut se rapprocher du chevalet ou s’en éloigner pour aller jouer jusque sur la touche, frôler la corde ou la presser avec force, rebondir, être joué plus à la pointe, au milieu ou au talon,  avec tous les crins ou seulement une partie, s’inclinant alors sur le côté… autant de performances que la vielle ne possède pas. C’est donc sur un autre terrain qu’elle va se singulariser.

Sur la vielle à roue, l’archet-roue est situé à une distance immuable du chevalet et la pression des cordes est constante.

Par les « coups de poignées » le vielliste réalisera des effets sonores remarquables : vitesse de rotation constante, ou fractionnée (donc suite d’accélérations et de décélérations), …

Nous dénombrons 6 cordes autour de la roue. 4 d’entre elles peuvent jouer simultanément selon la tonalité du morceau à interpréter.

L'archet-roue, vu de côté. A droite, le chien ou  chevalet mobile, petite pièce sous le bourdon.

L’archet-roue, vu de côté.
A droite, le chien ou chevalet mobile, petite pièce sous le bourdon.

Les 2 cordes passant sur le chevalet font la mélodie. L’action des doigts de la main gauche permet d’amener en contact avec les deux cordes deux petites formes appelées « sautereaux », à l’intérieur du clavier.

L'intérieur du clavier. 2 sautereaux sur chaque touches.

L’intérieur du clavier.
2 sautereaux sur chaque touche

Touche enfoncée, les sautereaux limitent la longueur vibrante. Donc corde vibrante plus courte donc son plus haut (plus aigu).

Touche relâchée, la corde vibrante retrouve sa longueur entière allant du chevalet au sillet le plus éloigné. Si on intervient sur une autre touche on modifie la longueur vibrante, donc le son émis.

Voilà pour les cordes « Chanterelles », celles qui font la mélodie, le chant.

Les 2 cordes chanterelles sont souvent jouées ensemble et accordées bien évidement à la même hauteur (même fréquence) ou avec un octave d’écart pour un timbre plus riche.

Obtenir un réglage strictement à la même hauteur n’est guère possible. Ce léger écart de fréquence, appelé le battement, est un bonheur pour la vielle, il en ressort un son un peu réverbérant, « sidéral ». C’est une spécificité de l’instrument.

Deux cordes côté musicien et deux autres de l’autre côté sont continues et ne délivrent ainsi  qu’un seul son, si elles sont mises au contact avec la roue-archet.  Une telle corde est appelée « bourdon ». Nous l’avons vu, un bourdon poursuit un triple but :

– Créer du mystère

– Enrichir le son par la fusion de ses harmoniques  avec ceux des chanterelles. C’est une spécificité de l’instrument.

– Créer une rythmique

L’un des 4 bourdons , le plus bas coté musicien, dans son mouvement de va et vient presque vertical fait vibrer son appui, un petit chevalet (il a la forme d’un petit chien) lequel percute la table un très grand nombre de fois par seconde. Il en ressort une rythmique très recherchée et qui varie au gré du musicien selon la dextérité de son coup de poignée. C’est une spécificité de l’instrument.

Sur ce modèle de vielle nous disposons d’un instrument fournissant :

– de la mélodie avec les cordes chanterelles

– de l’embellissement du son avec les bourdons

– de la rythmique avec le chien

Trois sources sonores, c’est déjà pas mal

Bien évidemment la table d’harmonie associée à une caisse de résonance, comme pour tous les instruments (violon, harpe, contrebasse, guitare, …) joue le rôle d’amplificateur sonore.

Le clavier. Les touches noires pour les notes "diatoniques" les blanches pour les altérations. 2 sautereaux sur chaque touches

Le clavier.
Les touches noires pour les notes « diatoniques »
les blanches pour les altérations.
2 sautereaux sur chaque touche

Je souhaite ne présenter que des séquences courtes pour voir chacun se les approprier dans la sérénité. Et par ailleurs, l’attente renforce le désir.

Pour découvrir le son de cet instrument je vous invite à vous rendre sur ces deux sites pour aujourd’hui où la vielle à roue se montre grandiose :

– isabellepignol.mustradem.com    Isabelle joue sur une vielle électroacoustique de mon confrère Denis Siorat.

www.mustradem.com   Dans le CD « Alive A » la vielle est phénoménale par son timbre, sa dynamique, son jeu exceptionnel. Le morceau « Rosebud » est une merveille d’inventivité.

 

De la musique et du rêve

Michel

 

 

Une réponse à DECOUVRIR Mai 2015

  1. Thanks for finally writing about > DECOUVRIR Mai 2015 | Michel Pignol
    Luthier Ecrivain < Loved it!

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